Recherche libre dans le site
Partager...
Actualité | Enseignement supérieur | 24/09/2015

Un chercheur de l'Université de Poitiers, co-découvreur des plus vieux outils du monde

Guillaume Daver chercheur de l'Université de Poitiers, co-découvreur des plus vieux outils du monde - Nicolas Mahu
Actualité | Enseignement supérieur | 24/09/2015

Un chercheur de l'Université de Poitiers, co-découvreur des plus vieux outils du monde

Guillaume Daver chercheur de l'Université de Poitiers a participé à la mise au jour au Kenya des plus vieux outils de pierre taillée du monde datés de 3,3 millions d'années. Cette découverte fait reculer de 700 000 ans l'âge des plus anciens des outils en pierre

Des outils d'homininés

Sur la rive occidentale du lac Turkana au Kenya, Guillaume Daver maître de conférences à l'Institut de paléoprimatologie, paléontologie, humaine ; évolution et paléoenvironnements (IPHEP) de l'Université de Poitiers a co-découvert avec des chercheurs du CNRS et de l'Inrap, des éléments d'outils en pierre datant de 3,3 millions d'années. Ils constituent aujourd'hui les plus vieux outils de pierre taillée au monde. Cette découverte, qui a fait l'objet d'une publication dans la célèbre revue internationale Nature, bouscule les connaissances sur l'évolution humaine. Elle apporte la preuve archéologique de l'existence des capacités cognitives et motrices nécessaires à la fabrication d'outils en pierre chez des homininés très anciens.  

Une datation scientifiquement fiable

Jusqu'à présent les plus anciens outils, retrouvés en Ethiopie, dataient de 2,6 millions d'années. Ils étaient attribués au genre Homo voire à des formes récentes d’australopithèques. Avec ces outils, dont la datation a été confirmée selon deux méthodes scientifiquement fiables, il s'agirait d'une forme d'homininé plus ancienne qui exclut toute implication d’un membre du genre Homo.

Des outils rudimentaires

Les 149 pièces mises au jour indiquent clairement que l'intention de ces homininés était de créer des outils. Ces outils, très rudimentaires, sont en majorité des blocs de lave, lourds et volumineux qui ont servi à produire des éclats tranchants au moyen de deux techniques. Une dite « bipolaire sur enclume » qui a nécessité trois objets distincts : le bloc à tailler, un percuteur et une enclume. Le bloc est maintenu sur l'enclume par une main pendant que l'autre utilise le percuteur pour frapper et obtenir des éclats tranchants à partir du bloc. L'autre technique, dite sur percuteur dormant, consistait à percuter le bloc directement sur l'enclume.

Les investigations se poursuivent

Tout le travail de Guillaume Daver a été de confirmer qu'il s'agissait bien d'outils en mettant en place des protocoles de réplication de ces outils et d’évaluer les implications anthropologiques de ces découvertes. Pour le moment, le scientifique n'a pas encore fait la démonstration de leur utilité, ni à quel type d'homininé ils sont attribués. C'est toute la tâche qui incombe encore au chercheur Poitevin qui fera à terme l'objet de nouvelles publications.
Les conditions de l'émergence de ces outils n'ont pas non plus encore été élucidées. Les investigations se poursuivent donc sur les rives du Turkana.