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Actualité | Culture | 10/03/2017

[EDITEURIALES] Séance de rattrapage : Héléna Noguerra dévoile son univers romanesque

 - S.Laval
Actualité | Culture | 10/03/2017

[EDITEURIALES] Séance de rattrapage : Héléna Noguerra dévoile son univers romanesque

La comédienne et chanteuse était à l’honneur de la 3ème soirée des Editeuriales, jeudi 9 mars 2017, qui donne carte blanche à son éditeur Flammarion.

« Ce roman est une esthétique. C’est La La Land avant La La Land. » En faisant le parallèle avec le film de Damien Chazelle, qui mieux qu’aucun réalisateur sait extraire toute la puissance du jazz, l’éditeur Guillaume Robert ne pouvait pas rendre plus bel hommage à Ciao Amore, le dernier livre d’Héléna Noguerra sorti le 1er février chez Flammarion. De jazz, il n’en est pourtant pas question dans le roman que l’écrivaine est venue présenter au public de la Médiathèque François-Mitterrand de Poitiers, jeudi 9 mars. Plutôt de cinéma, de voyages, de sentiments amoureux… Un condensé d’Héléna Noguerra en somme à travers son personnage au nom peu commun: Cléophée. 

L’histoire d’un défi amoureux 

Ciao Amore, c’est l’histoire de Cléophée, jeune femme de 28 ans un peu paumée. Sa vie tourne en rond, son quotidien l’ennuie. Un matin, elle décide sur un coup de tête de ne pas aller travailler. L’envie lui prend alors de descendre dans la rue pour se lancer un défi. « Le premier qui m'interpelle je l'aimerai pour toujours, et il devra m'aimer en retour, sinon je le tue », se promet-elle. L’élu s’appelle Ferdinand, il est plutôt mystérieux et franchement joueur lui aussi. L’intrigue est posée et dès lors le roman baladera ses personnages entre Paris, les Cinque Terre en Italie et la Côte d’Azur, sur les plages niçoises mangées de soleil. 

« Exigence et bienveillance »

« J’aime travailler avec des touche-à-tout. Son expérience de parolière et de comédienne lui a beaucoup servi pour écrire Ciao Amore, confie Guillaume Robert. Il y a une musicalité dans ce livre qui rend les dialogues savoureux et efficaces. » L’éditeur de Flammarion ne tarit pas d’éloges sur le roman d’Héléna Noguerra, qu’il a pourtant beaucoup retravaillé. « Guillaume a dépoussiéré le texte. C’était une exigence en plus, témoigne la romancière. Il a su poser un regard moins complaisant… » « Et une bienveillance ! » ajoute Guillaume Robert, qui tient toujours avec ses auteurs à entretenir un rapport constructif. 

Goût du romanesque

Entre la réception et la parution de Ciao Amore, il a fallu un an. Une période assez longue justifiée par l’emploi du temps de la « chanteuse-comédienne-romancière », toujours entre deux avions ou tournages. Le temps de l’écrit, lui, a été plus court: un mois. C’est qu’Héléna Noguerra a tout un rituel lorsqu’il s’agit de coucher son histoire sur une feuille blanche. « Lorsque j’écris, je m’isole. J’ai le goût du romanesque alors j’écris au lit le matin, je me prends pour Colette. L’après-midi, j’écris en fumant, un verre à la main, comme Françoise Sagan. J’ai aussi revu tout Godard pour écrire ce livre car j’entretiens une passion pour le cinéma de la Nouvelle Vague. Une époque que j’aurais aimé connaître. »

Un triple projet artistique

Héléna Noguerra ne s’est pas contentée d’un livre autour de Ciao Amore. Sur la Toile, dans un site qui est entièrement dédié au roman, l’artiste dévoile un projet complémentaire fait de séquences vidéos, de photos en pagaille. « Je ne sais pas si j’ai du talent mais j’ai du culot », ose-t-elle en assurant de sa démarche sincère et désintéressée. « C’est l’auteur qui a toujours le final cut », explique Guillaume Robert qui ne pense pas si bien dire. La rencontre s’achève quelques instants plus tard sur le doux refrain de Ciao Amore a cappella interprété par Héléna Noguerra.