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Actualité | Culture | 15/03/2017

[EDITEURIALES] Séance de rattrapage : Franck Ferrand enterre « le mythe » François 1er aux Editeuriales

Franck Ferrand enterre « le mythe » François 1er aux Editeuriales - S. Laval

Diaporama

  • Le plus Poitevin des 10 auteurs hôtes des Editeuriales, Franck Ferrand était à la Médiathèque François-Mitterrand, mardi 14 mars, pour parler de son livre à charge contre la figure du monarque, sorti en 2014. Le plus Poitevin des 10 auteurs hôtes des Editeuriales, Franck Ferrand était à la Médiathèque François-Mitterrand, mardi 14 mars, pour parler de son livre à charge contre la figure du monarque, sorti en 2014.
  • Les Poitevins étaient au rendez-vous pour rencontrer Franck FerrandLes Poitevins étaient au rendez-vous pour rencontrer Franck Ferrand
  • Une rencontre entre Franck Ferrand et son éditeur Thierry Billard, animée par Alexandre Lacroix de Philosophie MagazineUne rencontre entre Franck Ferrand et son éditeur Thierry Billard, animée par Alexandre Lacroix de Philosophie Magazine
  • Franck Ferrand est allé à la rencontre du public pour échanger et dédicacer son livreFranck Ferrand est allé à la rencontre du public pour échanger et dédicacer son livre
Actualité | Culture | 15/03/2017

[EDITEURIALES] Séance de rattrapage : Franck Ferrand enterre « le mythe » François 1er aux Editeuriales

Le plus Poitevin des 10 auteurs hôtes des Editeuriales, Franck Ferrand était à la Médiathèque François-Mitterrand, mardi 14 mars, pour parler de son livre à charge contre la figure du monarque, sorti en 2014. 

Franck Ferrand est un conteur habile. Les auditeurs fidèles à son émission « Au Coeur de l’Histoire » sur Europe 1 le savaient depuis bien longtemps. Les férus d’histoire pointilleux aussi, parfois agacés par le journaliste qui se permet d’écorner quelques personnages illustres de la grande histoire de France à l’instar de Molière. Mardi soir, à la Médiathèque François-Mitterrand, le célèbre écrivain a une nouvelle fois pu faire montre de toute l’étendue de son talent oratoire. Devant un public tout acquis à sa cause - il est Poitevin d’origine -, Franck Ferrand a pris sa plus belle voix, arboré son plus beau sourire et invoqué sans économie l’humour, ce qu’il appelle joliment « captatio benevolentiae » (la captation de l’auditoire) pour écorcher à nouveau un mythe ô combien intouchable : François 1er. Un travail qu’il a livré au grand jour en 2014 en publiant chez Flammarion son livre François 1er, roi des chimères, qui lui a valu nombre d’inimitiés.

« Un des pires rois de France »

Père de la Renaissance, ami de Léonard de Vinci, grand bâtisseur des châteaux de la Loire, vainqueur de Marignan… Voilà ce que l’Histoire de France a retenu de François 1er dans les grandes lignes. Pour Franck Ferrand, la réalité est toute autre, ce qu’il formule ainsi sans détour: « Il a été un des pires rois de France. Ses déviances ont précipité la monarchie dans le fossé et abouti à la monarchie absolue. » Rien de moins. « Je me suis amusé à démontrer que François 1er n’est pas celui qu’on croit », poursuit l’écrivain qui n’a pas été avare en arguments pour étayer son propos.

« L’intérêt du royaume passait au second plan »

Un homme politique altruiste travaillant sans relâche pour l’intérêt de la nation? « François 1er a mis en avant ses goûts, ses affects et ses intérêts personnels au premier plan. L’intérêt du royaume passait au second », assène-t-il. Un roi courageux? « Lorsqu’il était emprisonné après la défaite de Pavie, il a échangé ses enfants contre sa propre liberté. » L’Ami des arts et des lettres? « Tous les artistes se sont exilés sous sa domination. » Le père de l’instauration de la langue française sur le territoire national? « Une méprise là encore… L’Ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, qui ne contient qu’un seul article à ce sujet, sur 192, a eu un impact minime. C’est un mythe national. Mais cela a arrangé tout le monde de faire passer François 1er pour le grand artisan de l’unité de la langue française. »

« M’approcher le plus possible de la vérité »

« Mon livre est en partie rhétorique, j’ai usé de la technique de l’accumulation pour tourner François 1er en ridicule. Pour autant, je n’ai rien inventé. J’ai toujours eu à cœur de m’approcher le plus possible de la vérité », assure Franck Ferrand qui a travaillé deux mois, « jour et nuit, de façon compulsive », pour achever son roman sous le regard bienveillant, mais sévère, de son éditeur Thierry Billard. « J’ai eu droit à son écriture rouge de professeur, en pattes de mouche. Mais contrairement à tous mes autres ouvrages, je l’ai rendu à temps », s’enorgueillit Franck Ferrand sous le regard amusé de son premier lecteur.

Un livre fruit du hasard

L’idée d’écrire un roman à charge sur François 1er est un peu le fruit du hasard. Il y a quelques années, Franck Ferrand est invité par une émission de télévision à donner son point de vue sur le « roi bâtisseur ». « Bien sûr, je le décris comme antipathique, veule et lâche », poursuit l’auteur. Et, à son grand étonnement, il se surprend à lancer quelques jours plus tard sur le petit écran les plus grandes louanges à l’endroit du monarque. C’est en racontant cette anecdote à un auditoire plié en quatre lors d’un dîner que lui viendra l’idée d’établir sa vérité, celle qui plus tard lui vaudra les foudres de Max Gallo et François Busnel comme il le raconte avec humour à Poitiers.


« J’essaye d’amener les gens à réfléchir »

« L’histoire est tissée d’erreurs et de contre-vérités. Mon but n’est pas de convaincre les gens que ce que je dis est vrai. J’essaye juste de les amener à réfléchir, à se poser des questions, à ne pas gober toutes les vérités qui nous sont proférées, se défend-il. La vérité est souvent plus pernicieuse, complexe et subtile. » De la vie de François 1er, il n’épargne rien. Même dans les dernières heures du monarque dont il décrit le calvaire avec force détails. « Il avait un abcès aux génitrices, détaille-t-il. Autrement dit, un cancer des testicules. » Subitement, les élèves invités du lycée du Futuroscope déguerpissent en horde de la médiathèque, attendus par leurs parents. « Je vois qu’il me faut réécrire la fin de mon livre, les jeunes s’en vont… », ironise Franck Ferrand. Dommage, l’auteur, quelques minutes plus tard, a fini par prêter une qualité à sa victime préférée: « Dans le domaine des arts, François 1er a quand même réalisé de très beaux monuments comme le Château de Chambord. » Une révérence royale remarquée. Et quelque peu inattendue.