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Actualité | Culture | 20/03/2017

[EDITEURIALES] Séance de rattrapage : Mickaël Launay boucle la 3ème édition des Editeuriales par une démonstration

Mickaël Launay boucle la 3ème édition des Editeuriales par une démonstration - Grand Poitiers
Actualité | Culture | 20/03/2017

[EDITEURIALES] Séance de rattrapage : Mickaël Launay boucle la 3ème édition des Editeuriales par une démonstration

Le mathématicien Mickaël Launay était le dernier invité de la rencontre littéraire à la Médiathèque François-Mitterrand, vendredi 17 mars 2017.

« Les maths, on en retient ce que l’on a subi à l’école. » C’est par ces mots que la journaliste Karine Papillaud introduisait la dernière soirée des Editeuriales, vendredi 17 mars, ravivant quelques souvenirs douloureux au public parmi lequel ils devaient être nombreux à se remémorer l’humiliation de leur premier bonnet d’âne. Mickaël Launay n’avait pas encore parlé. C’est son éditeur chez Flammarion, Christophe Absi, qui prit ensuite la parole. « J’ai repéré Mickaël sur You Tube, à travers sa chaîne Mic Maths. il faut savoir qu’il y a une mine de gens comme lui qui font des petites émissions sur le Net. Mais peu ont la capacité d’expliquer des choses difficiles de façon aussi simple. » Mickaël Launay n’avait toujours pas pris la parole. Le silence se faisait dans la salle et tout le monde regardait d’un air de défi ce « petit génie » des maths qui avait l’immense responsabilité de nous faire aimer sa matière en une heure de temps. Au jeu des probabilités, dont il est expert, c’était peine perdue, pensaient certains…

Démonstration implacable

Certes. Mais Mickaël Launay n’est pas un perdreau de l’année. Et ce n’est pas tant le fruit du hasard que sa science de transmettre son amour des maths qui l’a propulsé sur le devant de la scène des Euditeuriales et en hit parade du Net. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à sonder le regard médusé du public, fasciné par ce gamin de 32 ans à l’heure de prononcer ses premiers mots. Sans tableau, sans règle, sans compas, sans craie, l’homme a le discours clair, la pensée cheminante. Et sa démonstration, quel que soit le sujet qu’il aborde, est toujours implacable.

« Répondre à un besoin »

Le Grand roman des maths, de la préhistoire à nos jours, parue chez Flammarion fin 2016, est née d’une idée singulière : répondre à la question « A quoi ça sert les maths? » D’autres se seraient perdus en démonstrations fleuves et ennuyeuses, Mickaël Launay, lui, va doit au but. « Mon sujet, c’était de dire que les mathématiques ne naissent pas de rien. Les hommes qui y ont réfléchi n’ont pas développé cette science par plaisir de se prendre la tête mais pour répondre à un besoin: celui d’expliquer les choses qui se passent autour de nous. Et pour répondre à cette question, les mathématiques sont indispensables. »   

Une langue universelle

« Si l’on décèle l’origine des mathématiques à la Préhistoire à travers les motifs géométriques des premiers hommes dans les cavernes, leur essor a vraiment eu lieu au temps de l’invention de l’écriture, en Mésopotamie », conte Mickaël Launay en guise d’introduction. Dans son exposé passionnant, le mathématicien explique le pourquoi de la naissance des nombres, cette langue appelée à devenir « universelle », avant d’en présenter les possibles. « C’est comme dans la littérature, la peinture ou la musique. On a des lettres, des nuances de couleurs ou des gammes de notes à disposition et il y a une infinité de façon de les utiliser. »

« Mickaël rend intelligent »

« N’étant pas expert en mathématiques, mon travail s’est cantonné à distinguer ce qui me paraissait clair de ce qui ne l’était pas », explique Christophe Absi. Mais rassurez-vous, en tout et pour tout, l’éditeur n’a eu que cinq questions à lui poser. « Mon postulat, c’était de dire que si moi je comprends, tout le monde peut comprendre. Ce qui est génial chez Mickaël, c’est qu’il est tellement clair dans son propos et dans son raisonnement qu’il rend intelligent », complète l’éditeur.

Trouver la solution, la « beauté » des maths »

Dans son exposé, Mickaël Launay aborde aussi des thématiques plus actuelles. Ainsi, il explique pourquoi les femmes ont tendance à s’autocensurer dans sa matière « alors qu’elles ont autant, sinon plus de capacités que les hommes ». Pêle-mêle, il jongle avec le nombre Pi et les grandes découvertes qui s’ensuivront, la fascinante histoire du nombre d’or (1,618) et les grandes thématiques en vogue dans le milieu des mathématiques en ce moment. « Depuis 2000, beaucoup de mathématiciens se penchent sur les 7 grands problèmes émis par le Clay Mathematics Institute récompensés chacun d’un million de dollars. » A ce jour, un seul d’entre-eux a été résolu, la conjecture de Poincaré, démontrée par le Russe Grigori Perelman. Pour autant, n’allez pas croire que résoudre l’une de ces sept équations est la manière la plus facile de gagner de l’argent. « C’est au contraire les sept manières les plus difficiles de gagner 1 million de dollars », assure Mickaël Launay qui n’a pas tenté l’aventure. Mieux vaut encore jouer au loto! Une réponse couramment entendue et qu’il balaie d’un revers de manche: « Le problème du loto, c’est que c’est très aléatoire, qu’il ne tient d’aucun raisonnement. En mathématique, on part d’un problème à résoudre mais on ne sait jamais ce que l’on va trouver. » Mickaël Launay lui-même en a fait les frais, jetant l’éponge après avoir travaillé 6 mois sur un problème « trop dur » pour lui. Inversement, la joie « d’aller au bout d’un raisonnement et de trouver la solution est indescriptible », répond-il a un jeune lycéen aspirant mathématicien. « C’est la beauté des maths », conclut-il. A bon entendeur…