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Actualité | Culture | 24/11/2017

« Désormais, on sait où se trouve l'entrée du Confort Moderne »

Les artistes Sabina Lang et Daniel Baumann ont réalisé Beautiful Wall, peinture aux multiples couleurs sur les façades de la maison du Comité de quartier du Pont neuf et porte d’entrée du Confort Moderne qui rouvrira samedi 16 décembre 2017. - Grand Poitiers
Actualité | Culture | 24/11/2017

« Désormais, on sait où se trouve l'entrée du Confort Moderne »

Les artistes Sabina Lang et Daniel Baumann ont réalisé Beautiful Wall, peinture aux multiples couleurs sur les façades de la maison du Comité de quartier du Pont neuf et porte d’entrée du Confort Moderne qui rouvrira samedi 16 décembre 2017.

Vous avez beaucoup exposé à Lyon, au Havre et même à Tokyo. Pourquoi avoir choisi Poitiers pour réaliser Beautiful Wall ?

"Nous avons exposé 3 fois au Confort Moderne : Kamikaze 2089 en 2004, L’Egosysteme que nous avons présenté en 2006 avec Vincent Ganivet et Le Bel Accident en 2009. Au Confort Moderne, nous avons toujours aimé cette combinaison entre la musique et l’art qu’il est très rare de trouver ailleurs. Pour nous, ça a toujours été un plaisir de revenir ici et de voir que l’équipe du Confort est toujours restée fidèle à elle-même. Au fil du temps, ils sont devenus des amis.

C’est un lieu qui inspire et l’architecture du hall d’exposition est tout simplement époustouflante. D’un autre côté, nous aimons la ville de Poitiers qui paraît si paisible et si vivante à la fois. Il y a beaucoup de jeunes, d’étudiants, qui vivent en harmonie dans le centre historique… On ne voit pas ça partout.
Quand le Confort Moderne, à travers son directeur Yann Chevallier, nous a demandé si nous accepterions de réaliser une œuvre permanente pour le nouveau site, nous avons été très flattés. C’est chouette d’avoir pensé à nous !"

Pourquoi avoir imaginé cette œuvre, qu’est-ce que ça signifie ?

"A la base, nous avions d’autres idées avec un projet plus sculptural. Puis finalement, nous nous sommes reportés sur les façades de la petite maison qui abrite le Comité de quartier. C’est la porte d’entrée du site mais ça n’était pas vraiment visible. Nous voulions faire un marqueur dans un endroit visible de tous et qui signifie qu’ici se trouve le Confort.  Nous avons choisi de peindre la façade et de lui donner une touche colorée. Par le passé, nous avions déjà réalisé une peinture pour L’Egosystème sur l’ancien bar du Confort. Nous avons conçu un nouveau motif en clin d’œil à cette œuvre. Les bandes en zig-zag enveloppent les quatre façades du bâtiment. L’idée, c’était de réaliser un motif dynamique avec un fort contraste  de couleurs pour permettre cette impression de surface en 3 dimensions. Il fallait respecter les bordures, les fenêtres et les portes qui n’avaient pas été peintes. La façade en elle-même donne une image très différente de l’image d’Epinal que l’on a de la ville." 

Que dit cette œuvre sur le Confort Moderne ?

D’un côté, c’est le prolongement de quelque chose que nous avons réalisé des années auparavant au Confort Moderne. D’un autre côté, c’est une œuvre qui donne aux visiteurs, et aussi aux voisins, une plus grande visibilité. Désormais, on sait où se trouve l’entrée du confort. Nous avons d’ailleurs remarqué qu’un travail similaire a été réalisé avec l’architecture. Des éléments ont été rajoutés pour donner une identité plus visuelle au lieu.

Les villes développent de plus en plus l’art public. Qu’apporte-t-il aux villes selon vous ?

C’est une question très complexe parce qu’il y a tant de lieux où l’art public est implanté… Tous les projets dans ce domaine doivent être pensés avec beaucoup de précaution car il y a beaucoup de réalisations qui laissent à désirer. Pour nous, il est essentiel de s’imprégner des lieux sur lesquels on va intervenir, de parler avec les gens, savoir comment le lieu était perçu avant, etc. Nous adorons travailler à partir d’une base déjà existante et si nous apportons quelque chose de nouveau, cela peut être bénéfique, surtout dans le cadre du Confort qui fait peau neuve. Globalement, c’est positif quand l’art n’est pas renfermé sur lui-même, qu’il s’exprime pour tout le monde et prend ainsi part à la vie culturelle et sociale de la ville.

Dernièrement au Havre, vous avez exposé une œuvre : un monument contemporain sur la plage… Comment le public s’en est emparé ?

Nous avons effectivement présenté Up #3 au Havre sur la plage. L’idée de base, c’était de fabriquer une structure similaire aux buildings d’Auguste Perret qui jalonnent cette ville mais ça n’a pas marché… Quand notre œuvre a été installée, les gens se la sont vraiment appropriée. Parce que la plage du Havre est très populaire, beaucoup de Havrais se sont installés sous la structure, l’ont utilisée comme une sorte de pavillon, une aire de pic-nic ou l’on se restaure, où l’on se repose, où l’on fume une chicha… Ce n’était pas si facile d’anticiper le résultat car les réactions sont imprévisibles. Au final, vous ne savez jamais si le public va venir apprivoiser l’œuvre ou si, au contraire, il va prendre ses distances avec elle. 

Que permet l’art public que ne permet pas le musée ?

L’art public permet de lancer une discussion dans un environnement ouvert. Cela permet aussi de surprendre parce que le public ne s’attend pas forcément à être confronté à une œuvre d’art à l’angle d’une rue. C’est très intéressant et souvent, ce côté surprenant donne un peu plus d’épaisseur à une œuvre.