Recherche libre dans le site
Accueil | Mairie | Conseil municipal | Expression politique | Groupe " Poitiers Collectif "
  • Groupe " Poitiers Collectif "

    Groupe " Poitiers Collectif "

    Les mobilités durables : une nécessité

    La lutte contre le changement climatique est un des enjeux majeurs auxquels est confrontée notre société : l’ensemble des phénomènes observés ces dernières années (canicules plus fréquentes, augmentation des températures moyennes et de la concentration
    en CO2 dans l’atmosphère, sécheresses…) attestent que nous subissons déjà les conséquences de celui-ci. Nous devons donc agir rapidement pour limiter au maximum les impacts de ces changements, et même s’y adapter. Et dans ce cadre, les collectivités
    locales ont un réel rôle à jouer. Pour diminuer son impact, il est notamment nécessaire de diminuer drastiquement le recours aux énergies fossiles. Le schéma directeur des énergies, que Grand Poitiers a élaboré ces dernières années, montre de manière très nette que les transports et déplacements sont le premier secteur d’émission sur notre territoire : en 2015, les déplacements représentaient 49 % des consommations d’énergie du territoire, et 56 % des émissions de gaz à effets de serre. Il est donc évident que pour diminuer notre empreinte carbone, la collectivité ne peut faire l'impasse sur ce secteur dont les logiques doivent être repensées en profondeur. Il est vrai qu’une part importante de cet impact est lié au trafic de transit, c’est-à-dire aux véhicules qui traversent notre territoire (autoroute et route nationale). Néanmoins, pour tous les autres déplacements du quotidien des habitants et des habitantes de notre territoire, nous devons proposer des solutions plus durables.

    La majeure partie des émissions de gaz à effet de serre liée aux déplacements est due aux voitures des particuliers fonctionnant très majoritairement aux énergies fossiles (essence et diesel). L'histoire de Poitiers et de son aménagement urbain favorise actuellement l'utilisation des véhicules individuels, d'autant plus que la circulation y est relativement fluide. Les rues étroites de cette ville historique rendent également difficile la cohabitation des différentes mobilités (vélo, transport en commun, marche, voiture…). C'est pourquoi il nous faut imaginer des politiques de mobilité innovantes et audacieuses pour réduire la place de la voiture et développer des modes de transports moins polluants, plus silencieux, moins dangereux, tout en rendant la ville plus accessible à tous.

    Concernant ces véhicules individuels, nous ne pouvons pas nous permettre de tout miser sur les évolutions technologiques des motorisations : certes, les techniques évoluent dans le bon sens, ce qui permet aussi de moins consommer. Mais ces évolutions
    ne seront pas suffisantes au regard des enjeux à venir : la taille des véhicules qui augmente avec l’essor des SUV, va d’ailleurs à l’encontre de ces progrès technologiques. Il est vrai que des solutions techniques plus intéressantes des points de vue gaz à effet de
    serre et qualité de l’air (véhicules électriques, BioGNV, Hydrogène…) se développent, mais elles restent impactantes sur l’environnement par la fabrication des véhicules et certaines ne sont encore qu’au stade du démarrage.

    On voit donc que pour avoir un impact significatif, il est nécessaire de favoriser un report de l’usage individuel des véhicules vers des mobilités plus durables que sont les transports collectifs, l’utilisation mutualisée des véhicules individuels (covoiturage, autopartage) et les mobilités douces.

    Concernant les deux premières solutions, Poitiers collectif a des objectifs ambitieux. Sur les transports collectifs, un travail sera mené afin d’améliorer la qualité de l’offre de services afin d’inciter plus de Poitevin.e.s à les utiliser. Et bien évidemment, un gros axe  de développement sera porté sur les mobilités douces ou actives, comme le vélo et la marche. Ces modes de déplacements ont d’ailleurs de multiples avantages : au-delà de la lutte contre le changement climatique, ils permettent aussi de diminuer la pollution de l’air et la pollution sonore, de favoriser la santé des personnes par la pratique d’une activité sportive régulière, d’améliorer le pouvoir d’achat des usagers, mais aussi de diminuer les coûts d’entretien de la voirie. Les politiques déjà en place de location de Vélo (Cap sur le Vélo), dont une bonne partie à assistance électrique (VAE), seront amplifiées. Il en sera de même pour les dispositifs d’aides à l’acquisition de VAE : 250 chèques vélo supplémentaires ont d’ailleurs déjà été mis à disposition des Poitevin.e.s depuis que nous sommes élu.e.s.

    Mais le chantier le plus important et le plus réjouissant qui s'annonce, c'est bien sûr le développement des voies cyclables sécurisées et continues sur les grands axes de déplacement de la ville (notamment l’axe centreville–Université–CHU, mais aussi l’axe centre-ville–Futuroscope). Ces futures pistes seront testées avec des équipements temporaires dans un premier temps, comme cela a pu être fait dans beaucoup de villes pendant la crise COVID, afin de proposer la solution la plus pertinente.

    Nous sommes bien conscients que ces chantiers ne satisferont pas tout le monde car quand on donne un peu plus de place au vélo, on en donne un peu moins à la voiture. Mais comme vous l’aurez compris, ces projets ne sont pas des décisions dogmatiques mais bien des projets nécessaires pour faciliter l’usage du vélo à Poitiers. Car désormais, au vu des urgences climatiques et sociales, nous n’avons plus le choix, ni le temps d’attendre pour agir.

    Frankie Angebault et Amir Mistrih