Recherche libre dans le site
Accueil | Culture | Le Miroir | Résidences d'artistes | Marine Antony au C.H.U
  • Résidence d'artiste de Marine Antony au C.H.U

    Résidence d'artiste de Marine Antony au C.H.U

    Le CHU de Poitiers a sollicité Le Miroir de Poitiers afin de l’accompagner dans l’organisation d’une résidence d’artiste. C’est Marine Antony, artiste résidant à  à Poitiers qui a été choisie. L'oeuvre sera visible dans le hall d'accueil du nouveau Centre Cardio-vasculaire à compter du 15 septembre 2017 pour une durée de 18 mois.

     

    " Giotto, que l’on peut voir pendant un an et demi dans le hall d’entrée du centre cardio-vasculaire, est le fruit de cette résidence d’artiste. Pendant six mois, Marine Antony a travaillé au sein du CHU pour créer une œuvre originale. Une résidence d’artiste doit susciter un dialogue fécond entre un lieu d’accueil et la démarche de l’artiste. Ici, ce dialogue s’est idéalement déroulé entre Marine Antony, observatrice à l’écoute et les nombreux acteurs du CHU qui l’ont généreusement accueillie tout en lui offrant les moyens de ses ambitions. C’est en rapprochant des réalités communes à l’art et à l’univers hospitalier qu’elle est parvenue à un questionnement aussi universel qu’actuel.

    A l’hôpital, la main de l’homme et la machine cohabitent et se complètent. Le robot chirurgien Da Vinci, présent au CHU de Poitiers, en témoigne. De cette coexistence Marine Antony fait ressurgir des interrogations anciennes sur la perfection ou l’imperfection du geste humain, inhérentes à la création artistique, qui s’appliquent aujourd’hui à la robotique.

    Pour cela, Marine Antony plonge dans les origines de l’histoire de l’art, reprenant une anecdote citée par Giorgio Vasari, biographe au XVIème siècle des artistes de la Renaissance italienne. Vasari raconte que le peintre Giotto (1266 – 1337), préfigurateur de la Renaissance, aurait tracé à la main « un cercle d’une perfection merveilleuse ». Perfection de la main de l’artiste qui étonne et fascine, comme on s’interroge sur la perfection des machines. C’est là un des sujets de prédilection de la science-fiction, mais aussi de l’Ethique, alors que l’on parle de plus en plus de la présence de robots dans nos vies.

    Marine Antony entreprend de concevoir et de faire fabriquer un robot dessinateur qu’elle nomme Giotto, capable de tracer un cercle parfait. Elle choisit pourtant de le détourner de cette perfection en programmant des distorsions et des déformations du cercle. Ces variations linéaires, qui se déploient sur le tracé du cercle, sont concrétisées par un rayon lumineux produit par un led* à haute luminosité dont la lumière est concentrée par une lentille, véritable crayon lumineux en mouvement, activé par le robot situé face au vaste mur blanc du hall, qui devient alors surface d’un dessin dont les déplacements forment une danse hypnotique. Car chez Marine Antony, le dessin et la chorégraphie sont étroitement liés.

    Ainsi donc, l’artiste se saisit des technologies de la pratique médicale, au cœur du CHU, pour les réinventer en outils de création artistique qui s’inscrivent néanmoins dans une histoire ancestrale de l’art : le dessin, le trait, le tracé, le cercle, la lumière, le mouvement. Et ce pour évoquer cette question obsédante d’une impossible perfection que pose l’art autant que la technologie. Il y a du Chef-d’oeuvre inconnu, cette nouvelle de Balzac sur l’inachèvement et l’imperfection, dans le Giotto de Marine Antony."
     

    Jean-Luc Dorchies

    Directeur du Miroir