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Actualité | Environnement | 28/04/2021

Extinction dans plusieurs quartiers de Poitiers : réduire la consommation d'énergie et les impacts sur la biodiversité

Lumière -
Actualité | Environnement | 28/04/2021

Extinction dans plusieurs quartiers de Poitiers : réduire la consommation d'énergie et les impacts sur la biodiversité

La Ville de Poitiers a profité de la période du couvre-feu pour engager une expérimentation d’extinction de l’éclairage public dans plusieurs quartiers et rues de Poitiers. Objectifs : réduire la consommation d’énergie et les impacts des nuisances lumineuses sur la biodiversité. 

Quartiers et secteurs concernés 

Fidèle à son projet électoral, la Municipalité a décidé d’expérimenter depuis le 2 mars l’extinction de l’éclairage public dans certains quartiers de la ville de 22 h à 5 h du matin. Poitiers faisait partie des trois dernières villes de l’agglomération à ne pas avoir encore engagé une telle démarche. 
Les quartiers concernés sont ceux du Pâtis, de la Cité des Sept Villes à Bellejouane, les Couronneries et Beaulieu, la voie Malraux et le boulevard périphérique de la porte de Paris au triple giratoire de Poitiers nord. 
Dans ces zones plusieurs sites sont exclus de l’extinction : les carrefours importants, les centres commerciaux et les zones de vidéo-surveillance. 

L’éclairage public un levier important pour la transition énergétique

A l'origine de cette expérimentation : la volonté de réduire les nuisances lumineuses, priorité du Grenelle de l'environnement. Car l’éclairage public constitue un levier important pour la transition énergétique et écologique avec un double objectif : Le premier, diminuer la consommation d’électricité tout en faisant des économies d’énergies (l’éclairage public représente plus de la moitié des dépenses d’électricité) ; le second est de contribuer au développement de la biodiversité par une réduction sensible de la pollution lumineuse. 

Impact de la lumière sur la biodiversité et chez l’homme

La lumière a un pouvoir d’attraction ou de répulsion sur les animaux vivant la nuit qui entraîne des modifications de comportements sur la reproduction et l’alimentation engendrant la disparition de certaines espèces. Les animaux diurnes font, quant à eux, le choix de ne pas s’installer dans les zones trop éclairées
La « disparition de la nuit » a aussi des conséquences importantes chez l’homme notamment sur le sommeil pouvant entraîner un certain nombre de pathologies comme le stress ou encore l’obésité.

Le couvre-feu propice à l’expérimentation 

La période du mois de mars qui s’inscrit dans celle du couvre-feu décidé par l’Etat est propice à une expérimentation aussi large que possible par l’absence de personne dehors après 18h.  
A noter : en parallèle de cette expérimentation, la Ville va engager une opération de modernisation du système d’éclairage public avec le remplacement progressif des vieux équipements par la technologie LED dotée de dispositifs pouvant mettre en œuvre de la variation d’intensité et/ou de l’extinction nocturne.

Extinction et insécurité, qu’en est-il vraiment ?  

Si aucune étude n’avance de chiffres au niveau national, nombreuses communes qui ont engagé une expérimentation identique à celle de Poitiers montrent qu’il n’y a pas une croissance de faits délictueux à la suite de sa mise en place. A l’image de Tulle. Depuis 2015, l’éclairage y est éteint dans les quartiers résidentiels et la police n’a pas enregistré à ce jour plus de plaintes. Idem à Pessac en Gironde où l’extinction est en vigueur depuis 2017. Même son de cloche à Rochefort en Charente-Maritime avec même un effet positif en matière de criminalité. En effet sur les six mois d’expérimentation, les cambriolages ont baissé de 20 %. 
Cette expérimentation fait l’objet d’un accompagnement sur le terrain par la Police Municipal. En outre, un suivi sera mené par des associations environnementales.