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Jardin des Droits Humains - Un nouvel espace vert au cœur de Poitiers

Dossier | Urbanisme | 02/07/2021
Jardin des Droits Humains - Ville de Poitiers
Dossier | Urbanisme | 02/07/2021

Jardin des Droits Humains - Un nouvel espace vert au cœur de Poitiers

L’aménagement du Jardin des Droits Humains a été engagé en lien avec l’aménagement des voies de bus de la rue de l’Université avec laquelle il est directement en contact pour permettre la réalisation d’un trottoir aux normes PMR (Personnes à Mobilité Réduite).

L’aménagement du jardin est la dernière étape du chantier de Modernisation du Réseau de Transport Public de l’agglomération de Poitiers (MRTP), sous maîtrise d’ouvrage de Grand Poitiers ; ce projet est financé par Grand Poitiers et la Ville de Poitiers, en fonction des compétences de chaque collectivité.

L’aménagement du jardin, engagé en janvier 2019, a fait l’objet d’interruptions successives en raison :

  • des deux fouilles d’archéologies préventives qui ont permis notamment la découverte de mosaïques antiques (printemps 2019) ;

  • de la mise au point d’un nouveau projet d’aménagement (automne 2019) ;

  • de la crise liée à la Covid-19 et au confinement (printemps 2020 et 2021).

Le chantier d’aménagement s’est achevé en avril 2021. A la suite des travaux d’aménagement, le ravalement de façade de l’amphithéâtre et le démontage du porche de la Faculté des Sciences ont été engagés. Ce dernier sera réinstallé dans le futur jardin réalisé dans le cadre du projet d’aménagement du site de l’ancienne Faculté de Médecine (voie Malraux).

L’aménagement du jardin des Droits Humains

Le jardin étagé s’organise autour d’une rampe principale d’accès à la médiathèque François-Mitterrand et d’escaliers secondaires permettant de gagner la rue de l’Université. Deux autres rampes permettent de garantir aux piétons et aux personnes à mobilité réduite, de quelque endroit qu’ils viennent, un accès aux normes d’accessibilité actuelles à la médiathèque, aux locaux de l’Université et au CRIJ. Les murets, qui délimitent les espaces verts, permettront également de s’assoir, dans le même esprit que ce qui a été réalisé dans le jardin Simone Veil.

La conception des espaces verts s’est appuyée sur les 5 tilleuls en alignement le long de la rue de l’Université, qui ont été conservés dans le nouveau projet, et sur la mise en place d’un ensemble paysager cohérent, avec un arbre de haute tige et des cépées créant ainsi du rythme et de l’ombrage. Les espaces engazonnés sont conçus pour favoriser l’appropriation du jardin par les promeneurs qui pourront s’y assoir, déjeuner, lire…

Les fouilles archéologiques

A la suite des premiers terrassements intervenus en janvier 2019, deux fouilles archéologiques ont été prescrites par les services de l’Etat sur ce site :

  • la première, suite à la découverte d’une mosaïque au centre du jardin. Une seconde mosaïque a été mise au jour par la suite ;

  • la deuxième, en 2020, en lien avec l’aménagement du site. 

L’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a également réalisé un suivi systématique de tous les terrassements afin de relever les éléments archéologiques marquants dégagés à cette occasion (caves, fondations, puits…).

L'aménagement du passage de la Petite-Roue

A l’occasion de ce chantier, Grand Poitiers a réalisé la reprise de l’étanchéité du sous-sol et du seuil de la médiathèque. Cette voie piétonne a ensuite été partiellement réaménagée dans le cadre de ces travaux, permettant maintenant un accès aux normes d’accessibilité de l’entrée de la médiathèque donnant sur cette voie.

Un parcours dans la ville pour découvrir les œuvres d’art installées dans l’espace public

A l’occasion de l’opération Cœur d’Agglo (2010-2013) qui a entraîné une refonte complète des espaces publics du centre de Poitiers, un programme de commandes artistiques (Art Public Poitiers) a été associé afin de redessiner le cadre de vie quotidien des poitevines et des poitevins. Cinq œuvres ont alors été conçues, produites et installées à Poitiers. L’idée ? Placer l’art contemporain au cœur des espaces partagés, de l’espace commun. Depuis 2013, la Ville de Poitiers poursuit cette démarche dans le cadre de projets de réaménagement urbain ou de réhabilitation d’établissement culturel ou éducatif.

Sous des formes très diverses — qu’elles agissent comme marqueurs urbains ou qu’elles aient une valeur d’usage affirmée — ces interventions artistiques se fondent dans le paysage, intégrées en douceur à l’espace public. En quelque sorte, les œuvres cultivent ici un lien organique avec le lieu pour lequel elles ont été pensées, rêvées, créées ; et participent à éclairer d’un jour nouveau l’histoire et l’identité de Poitiers.

Au travers des œuvres d’art qui viennent habiter Poitiers se construit le patrimoine de demain. Ensemble, elles témoignent des grandes tendances de l'art actuel : sculptures, peinture murale, installation et accompagnent l’évolution continue de l’espace public et de la ville en général.

Dans le cadre du label « Ville et Pays d’art et d’histoire », un nouveau parcours de découverte « L’art dans la ville » invite les poitevines, poitevins et touristes à déambuler dans la ville pour découvrir les œuvres d’art.

Présentation de l’œuvre Séquences, d’Isabelle Cornaro

Pour le nouveau Jardin des Droits Humains, Isabelle Cornaro a conçu un projet spécifique qui prend la forme de deux longs bas-reliefs en béton fibré à ultra hautes performances (BFUP). Accrochés au dos de l’amphithéâtre de l’Université, ces deux éléments monochromes (anthracite) agissent à distance comme une sorte de signalétique. Composé d’objets et de matériaux moulés, de motifs graphiques découpés et griffés, Séquences donnent à voir un programme iconographique, encapsulé et cadré, organisé autour de trois thèmes (animal/humain/commerce) ; un récit à la fois composé de matières et d’objets (souvent de pacotille) habituellement utilisés par l’artiste et d’éléments directement liés à l’histoire de Poitiers : de motifs choisis dans les collections du musée Sainte-Croix, dans celles de la médiathèque François-Mitterrand et de vestiges issus des fouilles archéologiques préventives réalisées sur le site par l’INRAP. De haut en bas, on reconnait notamment un fragment d’un autel taurobolique du IIe siècle, le motif d’un centaure extrait d’un tympan du XIIe siècle, une pierre antique griffée d’un motif animalier, etc. 

La première strate de l'œuvre a été pensée pour souligner la diagonale dessinée par le Jardin des Droits Humains et le bâtiment de l'Université de Poitiers.

Ainsi, des formes rectangulaires de hauteurs identiques mais de largeurs différentes viennent rythmer les extrémités hautes et basses de l'œuvre et lui apportent une dynamique géométrique. Ces formes sont légèrement surélevées au moyen de plaques de différentes hauteurs (1 cm, 1,5 cm et 2 cm) qui créent du volume et différents niveaux sur l'œuvre. Elles sont habillées d’empreintes de feuilles de bois de palissandre, de chêne et d'inox poli. Ces surfaces aux matérialités variées jouent en opposition les unes par rapport aux autres mais aussi avec les grillages métalliques positionnés à l'arrière de la composition et avec les objets moulés et griffés en pierre qui constituent la couche secondaire des bas-reliefs.

Ces dessins géométriques sont également inspirés des motifs ornementaux et rapports de hauteurs présents sur des colonnes des collections du Musée Sainte-Croix de Poitiers.

La deuxième strate est composée d’objets extraits de l’histoire et le patrimoine de la ville de Poitiers, en y intégrant la narration de l’artiste.

Elle est divisée en trois parties qui se succèdent :

  • une partie haute qui évoque la nature, le minéral, l’animal ;

  • une partie centrale qui représente l’humain, son rapport à la nature ;

  • une partie basse qui matérialise l’idée de commerce, d’industrie, d’économie.

Depuis une quinzaine d’années, Isabelle Cornaro entreprend un travail de déconstruction des archétypes de la vision, en explorant le rapport entre l’objet et son image, l’original et sa copie. Historienne de l’art de formation, spécialiste du Maniérisme européen du XVIe siècle, Isabelle Cornaro se nourrit d’un vaste champ de références artistiques, du Baroque à l’abstraction en passant par l’art minimal américain. Son travail relève d’une pratique du collage qui utilise aussi bien des images et objets de la culture savante que ceux de la culture populaire. L’artiste explore la façon dont ces images et objets, toujours historiquement et culturellement déterminés, influencent notre perception du monde.

Expositions personnelles 
  • 2021 L’intervalle des images (Contrepoint contemporain 6), Musée de l’Orangerie, Paris. Infans, Fondation d’entreprise Pernod Ricard, Paris. Museum Ludwig, Koblenz, Allemagne

  • 2018 Blue Spill, Musée régional d’art contemporain, Sérignan

  • 2016 Paysage IX, La Verrière/Fondation Hermès, Bruxelles, Belgique 
  • Hannah Hoffman Gallery, Los Angeles, USA
  • 2015 Paysage avec Poussin, South London Gallery, Londres, GB
  • Palais de Tokyo, Paris
  • Témoins Oculaires, Spike Island, Bristol, GB 
  • 2014 M-Museum, Leuven, Belgique 
  • This Morbid Roundtrip from Subject to Object, La><art, Los Angeles, USA
  • 2103 Kunsthalle Bern, Suisse
  • 2012 Centre national d’art contemporain Le Magasin, Grenoble
  • 2009 Kunstverein Düsseldorf, Allemagne
Collections
  • Centre Pompidou, Paris

  • Musée d’art moderne de la Ville de Paris

  • Fonds national d’art contemporain, Paris

  • Le Consortium Museum, Dijon

  • Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles, USA 

  • Aspen Art Museum, Aspen, Colorado, USA

  • Kunsthalle Bern, Suisse

Informations complémentaires sur le site isabellecornaro.com

Actualités de l’artiste :
  • jusqu’au 6 septembre 2021, L’intervalle des images (Contrepoint contemporain 6), Musée de l’Orangerie, Paris, https://www.musee-orangerie.fr

  • jusqu’au 31 juillet 2021, Infans, Fondation d’entreprise Pernod Ricard, Paris, https://www.fondation-pernod-ricard.com