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Quel futur pour le Quartier du Palais ?

Depuis 2016, une vaste réflexion est engagée autour du devenir du Palais, et la réhabilitation de ses 6 000 m².

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Le projet de réhabilitation du Palais 

Le projet est celui d'un lieu vivant et habité, qui offrira différents usages dans des espaces distincts finement articulés. Un chantier qui va durer plusieurs années dont l’ambition est de mettre en valeur ce joyau patrimonial poitevin.

L’objectif ? Celui d’une ouverture à la population, de la construction d’un lieu de débat animé, participant pleinement de la vie culturelle, citoyenne et scientifique du territoire, en lien avec les acteurs qui le composent. Mais il s’agit aussi d’imaginer la nouvelle porte d'entrée du territoire.

6 000 m², plus de 350 pièces, le Palais va être entièrement réaménagé dans les années à venir. Le projet présenté aujourd’hui n’est pas figé puisqu’il reste de nombreuses inconnues, liées aux fouilles archéologiques par exemple.

Quels espaces pour le futur Palais ?

Le Palais disposera d'espaces d'expositions, de débats et de conférences, incarnant le lieu d'échange. Un Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine prendra place dans le monument, tout comme des espaces de médiation et une boite noire, salle équipée pour différents usages artistiques et culturels. Le Palais comptera aussi des espaces d'accueil, de café/restaurant, un hébergement, et des bureaux qui seront dédiés notamment à des associations. La salle des pas perdus restera un lieu ouvert, point central de ce Palais, dans l'idée d'une place publique couverte permettant à la fois des usages quotidiens tout comme des événements prestigieux.

L'Atelier Novembre - Architecture

C’est l’Atelier Novembre qui a été choisi pour mener ce projet ambitieux. Fort de ses réalisations emblématiques comme le Centquatre à Paris, Marc Iseppi, architecte et co-fondateur de l’agence, souhaite « traiter à la fois le monument, les espaces publics adjacents et créer de nouvelles liaisons qui n’existent pas encore ».

L’Atelier Novembre s’entoure également d’architectes du patrimoine, urbanistes, paysagistes, scénographes, et économistes. La rénovation accordera une place prépondérante à la vocation écologique du lieu. 

Des éléments de bâtiments récents de l'ancien palais de justice seront déconstruits afin de révéler des façades et de permettre le contournement du Palais.

De cette manière, le Palais sera révélé, son architecture sera plus visible et valorisée. Il sera alors possible de déambuler autour du Palais, et de circuler dans les rues piétonnes du centre-ville par de nouveaux accès, de nouvelles ruelles. Des espaces extérieurs seront ajoutés et végétalisés, avec par exemple la création d’un jardin suspendu. De nouvelles entrées seront créées, le Palais deviendra alors un lieu vivant où l’on peut juste passer ou s’arrêter pour profiter d'activités et du programme des événements. 

 

Le projet urbain 

​Le Palais est un espace ouvert sur la ville.

L'une des dimensions du projet consiste à révéler le Palais, et à le rendre plus visible dans la ville. Au sein de l'équipe de maitrise d'oeuvre, c'est l'Atelier Jacqueline Osty et associés qui est en charge de la conception et de l'aménagement des espaces urbains et paysagers. Cette mission se décline dès le Palais et ses espaces adjacents (place Lepetit, square Jeanne d'Arc), et dans l'ensemble du quartier.

Concernant l’aménagement du quartier du Palais, le projet offre une triple opportunité :

  • Ouvrir largement l’espace public et valoriser le patrimoine, avec la création d’un espace attractif, populaire, qui allie convivialité et culture autour de l’axe Cathédrale / musée ;
  • Revoir les sens de circulation et favoriser les mobilités douces pour l’entrée et la sortie du centre-ville ;
  • Lutter contre le réchauffement climatique à l’échelle de la ville, en favorisant des îlots de fraicheur et de verdure.

La cohérence d’ensemble du projet entre l’intérieur du Palais, ses abords immédiats, et le quartier, est donc essentielle, avec la nécessité d’une proposition qui favorise l’ouverture à tous les habitants, la place de la nature dans la ville, et la facilitation de projets pour les acteurs locaux.

Les fouilles archéologiques

Dans le cadre du projet du quartier du Palais, la Ville de Poitiers a conclu une convention de partenariat archéologique avec le Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale (CESCM) de l’Université de Poitiers et l’Etat / DRAC Nouvelle-Aquitaine pour un projet de recherche autour du Palais. 

D’une durée de 3 ans minimum, ce Projet Collectif de Recherche (PCR) est placé sous la direction de Nicolas Prouteau, maître de conférences en archéologie médiévale et Claude Andrault-Schmitt, professeure émérite en histoire de l’architecture médiévale. Dans ce cadre, une fouille archéologique programmée doit être organisée chaque année. Les résultats de ces recherches vont alimenter le projet de réhabilitation du monument, et offrent une formidable occasion d’approfondir la connaissance du site, mais aussi plus largement de l’architecture civile médiévale.

Ce chantier-école permet à une vingtaine d’étudiants en archéologie de l’université de Poitiers de se former, de perfectionner leurs techniques de fouille et d’en apprendre plus sur l’histoire de ce monument exceptionnel.

Suite à la première campagne de fouilles à l’été 2020, le travail s’est poursuivi au printemps 2021 dans le sous-sol de la tour Maubergeon, le Square Jeanne d’Arc et le corps de logis. Les découvertes réalisées ont été bien au-delà des attentes.

La Tour Maubergeon au cœur des premières investigations en 2020

Un premier chantier a commencé au Palais pendant l’été 2020, avec pour mission d’étudier la tour Maubergeon et le corps de logis qui lui est adossé. L’objectif de cette première campagne est d’en savoir plus sur la tour à l’époque médiévale, son organisation spatiale, sa fonction et les transformations qu’elle a subies au cours des siècles.

Les sondages ont permis de révéler un niveau de sol datant probablement de la fin du Moyen-Âge, dans une salle basse qui avait  probablement une fonction de stockage, certainement non loin de la cuisine afin de servir les étages. Sous le corps de logis, les abords et l’intérieur d’une ancienne citerne, destinée à stocker l’eau, ont été fouillés. Les fouilles doivent aussi permettre d’en savoir plus sur la position oblique de la tour Maubergeon par rapport à la grande salle. Les premières études ont permis de confirmer que l’aménagement de la tour Maubergeon au 14e siècle s’appuie sur une première tour en moellons datant du 11e siècle dont la position était contrainte par la présence de fossés.

Reprise des recherches aux printemps 2021 et 2022

Le travail s’est poursuivi au printemps 2021, dans le sous-sol de la tour et dans la citerne, située à proximité, dans le corps de logis. Après une phase de travaux préparatoires, l’investigation s’est prolongée également au premier étage de la tour, et en extérieur, dans le square Jeanne d’Arc. Cette partie du chantier s’inscrit dans la lignée des fouilles menées au début du 20e siècle par le père Camille de la Croix, qui avait permis de mettre au jour une partie de l’enceinte gallo-romaine de la ville.

Cette campagne a été à la hauteur des attentes des chercheurs, qui ont  notamment pu étudier les fondations du mur pignon de la grande salle, et ont eu accès aux différentes étapes de construction du Palais et de ses abords, accédant à " une fenêtre de 2000 ans d'histoire ", comme le souligne Nicolas Prouteau. Les découvertes s'étendent de l'époque romaine à l'époque moderne, avec une grande quantité d'objets permettant de documenter la vie quotidienne du Palais et de son quartier.

Une nouvelle campagne, dans les mêmes secteurs, est prévue au printemps 2022.

Le suivi du chantier

Depuis l'automne 2021, les études préparatoires se poursuivent, et sont complétées par divers diagnostics et sondages complémentaires. Ces études sont nécessaires à la pleine connaissance du monument, et permettent d'affiner le projet architectural et de préparer les travaux.

Ainsi, une vaste campagne de sondages archéologiques et structurels auront lieu dès l'automne 2022.